Exhibitionnisme verbal

Aujourd’hui, dans les transports en commun à Bruxelles, deux hommes sont venus s’asseoir en face de moi et l’un deux a commencé par faire des gestes obscènes à son copain pour mimer un viol ou en tout cas un rapport sexuel violent. Ensuite il a commencé à parler de choses sexuelles en essayant de les maquiller avec un vocabulaire alimentaire, c’est à dire, « j’ai envie d’un bonne grosse saucisse chaude de 30cm et de la fourrer bien profond dans une gorge » ou encore « j’ai envie de brouter de la salade, de lui enlever le trognon et de bien enfoncer dedans pour qu’elle dégouline d’huile » et encore « j’aime manger des petits os de poulet et de bien nettoyer avec ma langue et de venir la passer dans le petit trou et de bien lécher »… vous pensez probablement que j’invente mais ce que je viens d’écrire n’est pas le quart de ce que j’ai du entendre pendant tout le trajet que j’ai dû faire avec eux en face de moi. Bref, il le faisait exprès pour que je l’entende, que je sois mal à l’aise et peut-être que je réagisse. Je n’ai rien fait, rien dit, d’une part je regardais par la fenêtre, d’autre part je devais parfois répondre à un sms sur mon gsm donc j’étais « occupée ». Mais j’ai vécu cela comme un exhibitionnisme verbal, une personne empiétait sur mon espace sonore personnel avec ses obscénités, un peu comme qqn qui écoute sa musique avec son gsm sans mettre ses écouteur, sauf que c’était clairement sexuel et que ça m’était destiné. Que devais-je faire? Réagir? Pour dire quoi? Il voulait que je réagisse, c’est certain, sûre de cela je n’ai pas voulu le faire, mais il m’a dérangé donc j’aurais dû faire qqch. En tant que femme j’ai réagi comme d’habitude, comme on nous l’apprend, à savoir faire comme si de rien n’était. C’est un automatisme chez nous les filles. On repère qqch qui ne va pas mais on nie. Dès le moment où ils se sont assis en face de moi je savais qu’ils étaient bizarres mais j’ai nié. Parce que si il fallait réagir à chaque fois qu’il se passe qqch de bizarre dans les transports en commun je ne sortirais plus de chez moi. J’aurais dû aller parler au conducteur et lui dire que deux hommes m’importunaient…